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Témoignage de Noémie

Témoignage déposé le 12/11/2023

 

Je m’appelle Noémie. J’ai 24 ans et je suis sage-femme. J’ai une petite fille de 6 mois qui s’appelle Iris.

Je souhaite témoigner de ce que j’ai vécu durant ma grossesse.

J’ai souffert d’Hyperémèse Gravidique tout au long de ma grossesse. Je n’ai pas réussi à manger pendant deux semaines tellement je vomissais. J’ai perdu 14 kg et ai été hospitalisée 2 fois. Ça a été très dur et j’ai frôlé la dépression durant cette période.

J’étais pourtant consciente que cette maladie existait, je l’avais étudiée et y avait été confrontée à travers quelques patientes, mais finalement on ne sait jamais vraiment de quoi il s’agit tant qu’on ne l’a pas vécu…

Cette maladie (oui c’est vraiment une maladie pour moi), n’est malheureusement pas assez comprise et prise au sérieux !

Dans les services de maternité, on nous appelle les « vomisseuses », je trouve ce terme tellement péjoratif et si minimaliste… Cette maladie c’est beaucoup plus que seulement des vomissements. Ce sont des nausées à longueur de journée, c’est ne pas pouvoir faire autre chose que de rester pas trop loin d’une toilette au cas où, c’est d’avoir peur de manger par peur de vomir, mais en même temps avoir tellement faim qu’on est obligé de manger… C’est une maladie physique mais qui en devient psychologique à force de perdurer.

J’étais si mal de vomir tout le temps que j’en suis même venue à regretter d’avoir un bébé, alors que cette grossesse, je l’avais énormément attendue. J’en suis arrivée à un moment donné à me poser la question de garder ou non mon bébé, je me sentais mourir de ne pas pouvoir me nourrir, ni m’hydrater, je vomissais à la moindre gorgée d’eau que je buvais, et je mangeais des glaçons toute la journée. Je m’en voulais tellement de penser ça, mais dans ma tête, c’était soit moi, soit ma fille (l’instinct de survie peut-être…). J’étais tiraillée entre pleins d’émotions, et j’avais peur pour ma fille, peur qu’elle ne tienne pas le coup.

Dans ces moments, j’ai cherché de l’aide, je suis allée aux urgences gynécologiques de ma région, mais j’ai très vite regretté : « C’est dans la tête madame, si vous arrêtez d’y penser, vous ne vomirez plus… », « il faudrait peut-être arrêter de vomir sinon votre bébé ne va pas tenir… », « il nous faut une vrai raison pour vous garder, on ne va pas vous garder juste pour vous perfuser ».

Heureusement que j’avais des contacts et des amies sages-femmes qui ont pu m’aider par la suite, mais qu’est ce qui se serait passé si ça avait été quelqu’un d’autre ? Une femme qui ne connaît personne dans le milieu ? 

Voilà pourquoi je souhaite partager mon expérience, parce que cette maladie n’est pas assez connue, parce que les femmes ne sont pas assez écoutées et pas assez prises au sérieux, alors que les conséquences peuvent être multiples et graves !