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Témoignage de Marjorie

Témoignage déposé le 30/12/2023

 

Je suis tombée enceinte en septembre 2019 après un parcours difficile. Quelle joie !

J’ai très rapidement commencé à ressentir un dégoût de tout, même de l’eau. J’ai ensuite développé des vomissements fréquents, jusqu’à 10/15 fois par jour. Je ne pouvais plus m’alimenter ni m’hydrater, devenant très faible et incapable de travailler. Malgré de nombreuses consultations, les professionnels de santé estimaient que c’était normal en début de grossesse. Mon état s’est rapidement dégradé, entraînant des malaises fréquents et une faiblesse extrême, m’empêchant de tenir debout.

Après plusieurs visites aux urgences, j’ai enfin été hospitalisée pendant 8 jours, subissant une réhydratation, un traitement zophren, et un protocole d’isolement (dans le noir, volets fermés, sans visite, sans télé ni téléphone). La psychologue vient me voir, affirmant que la raison était psychologique et que la grossesse n’était pas acceptée. Je vous laisse imaginer le poids des mots.

Après plus d’une semaine d’hospitalisation, avec un moral au plus bas, près de 10 kilos perdus et seulement 1/4 de yaourt dans l’estomac par jour, j’ai été autorisée à sortir. Aucun diagnostic n’avait été posé, et c’est moi qui, en cherchant sur internet, ai découvert que ces symptômes étaient liés à l’hyperémèse gravidique (HG). Les médecins parlaient d’une éventuelle IVG à mon conjoint tellement mon état était préoccupant. Tous les symptômes de cette pathologie ont disparu après la naissance de ma fille.

Pendant plusieurs années, l’idée de tomber à nouveau enceinte, de voir des futures mamans me donnait l’envie de vomir et m’angoissait. Vivre une grossesse avec l’HG a été un traumatisme difficile à comprendre pour l’entourage.

Trois ans et demi après, nous avons décidé d’avoir un deuxième enfant. Une décision difficile à prendre, impliquant de mettre à nouveau ma vie et celle de ma famille en suspens pendant 9 mois.

Et comme nous l’avions prédit, le calvaire recommence à 6 SA, m’empêchant de m’occuper de ma fille. Ma famille se mobilise pour nous aider. Heureusement, cette fois-ci, je savais ce qui m’attendait et j’ai pu m’entourer de professionnels de santé capables de m’accompagner.

Durant ces deux grossesses, l’idée de l’IVG m’a traversé l’esprit à plusieurs reprises en raison de mes souffrances.

Aujourd’hui, je suis une maman comblée, et jamais je ne pourrai faire revivre un tel traumatisme à mon corps qui garde des stigmates même 1 an après.