Témoignage déposé le 20/12/2023
Bonjour, merci de prendre en compte mon témoignage pour libérer la parole sur ce sujet.
Mais je tenais aussi à soutenir les conjoints qui vivent de près cette maladie, et pour leur soutien au quotidien.
Tout a commencé après l’annonce de cette merveilleuse grossesse tant attendue. Étant infirmière libérale, l’idée de vomir pendant la grossesse était pour moi banale et dans les mœurs. J’étais loin de me douter de ce qu’il allait m’arriver.
A partir de ma 5ème semaine de grossesse, les vomissements font partie de mon quotidien et sont de plus en plus intenses, allant de 5 à 20 fois par jour. Après consultation avec ma sage-femme, elle me prescrit du Cariban, et m’explique que cela est tout à fait normal, et qu’il faut être patiente. Après avoir avalés ses fameuses pilules magiques qui m’endorment plus qu’autre choses et m’handicapent dans mon travail, je continue tout de même à vomir, voir à ne plus supporter ces comprimés. Je me dis donc au fond de moi que je m’écoute trop, que je suis peut être chochotte, et que tout le monde autour de moi enceinte ont l’air de gérer. Je serre les dents et je continue à travailler malgré une petite voix dans ma tête qui m’alarme sur mon état, je suis déjà à moins 2,8 kg. J’enchaîne 3 semaines de travail pour gérer mon cabinet, je vomis entre chaque patient, je n’avale rien, mais je me dis que ça va passer. Et en fait mon cas s’aggrave de jour en jour, je me retrouve dans une spirale infernale. A ne plus m’alimenter, à vomir la moindre goutte d’eau, le moindre coca, le moindre bout de pain. Ma peur est de vomir en réalisant les soins chez les patients, avoir de l’hypersalivation c’est mon quotidien, ma mâchoire qui se serre et je ne sais plus parler, courir à ma voiture ou sur un chemin pour vomir mes tripes, et reprendre mon sourire pour finir ma tournée. J’ai des cernes, je ne me maquille plus, je deviens une infirmerie stérile, robot, qui a hâte de rentrer chez elle pour vomir. La voiture me barbouille, les odeurs, les gens, et mon corps finit par lâcher, au bord du malaise, après 4 kg en moins et vomir sans cesse depuis 10 semaines, en me nourrissant essentiellement de compotes et de purée. Ma mère décide de m’emmener de force à l’hôpital, n’arrivant plus à marcher et parler, 15ème vomi de la journée, et de la bile, que de la bile. La simple idée d’être patiente est inconcevable pour moi surtout pour des vomissements. La peur d’être jugée ou d’être la femme enceinte « fragile ». J’arrive aux urgences totalement déshydratée, le pouls à 130 au repos et une hypotension sévère. Et malgré les perfusions, je vomi encore et je pleure, car je ne comprends pas ce qui m’arrive. Un médecin des urgences m’explique directement cette maladie qui touche les femmes, et m’explique que j’ai attendu trop longtemps et que j’ai minimisé mon état. Il m’explique que je souffre et que je dois être hospitalisée.
Mais enfin je sais pourquoi je vomis, ce médecin a mis les mots. Et je vais enfin me réhydrater avec des perfusions et ne plus culpabiliser.
Quand j’ai découvert votre association je me suis découverte dans tous vos témoignages. Alors voici le mien si cela peut parler à l’une d’entre vous.
