Témoignage déposé le 08/02/2023
Je voudrais faire passer un message d’espoir à toutes les guerrières qui culpabilisent de ne pas vivre une grossesse faite de sortie shopping pour bébé, de baby shower, de moment de communion intense avec leur ventre rond. C’est ce qui m’est arrivée, à cause de cette foutue maladie je n’étais pas comme toutes ces mamans que l’on voit sur les réseaux, ou celles qui racontent émerveillées leur grossesse. J’ai longtemps culpabilisé de ne pas plus être « tournée » vers mon ventre que vers ma bassine. J’ai longtemps eu peur que ma fille ressente mon mal être, ma détresse. Je l’ai tout de suite aimée, mais je n’arrivais pas à me supporter dans cet état : faible, inutile, me voyant comme un sac à vomis… comme une femme qui luttait contre elle-même pour porter la vie.
Le regard et les réflexions de l’entourage n’ont pas été de bons soutiens… »prends sur toi, tu le fais exprès, tu te morfonds, on est toutes malades les 3 premiers mois… » enfin vous voyez, vous avez sûrement les mêmes ! Et la pire phrase de toute : « tu vas faire un bébé malheureux à être dans cet état, tu es enceinte c’est génial soit heureuse ». Ayant une mère malade psy qui a toujours tout vu en noir, j’avais si peur de faire un bébé aigri lui aussi. Un bébé triste, qui n’aime pas la vie. Et pourtant, par ce texte, enfin ce pavé… je voulais vous rassurez, vous les guerrières, qui ne touchez pas votre ventre en souriant, tout en ayant un teint frais et ensoleillé par la maternité : 2 ans que ma bassine m’a quittée pour laisser la place à une petite fille merveilleuse pleine de vie, en bonne santé qui sourit à la vie. Une petite fille heureuse de vivre, de rire. Elle est un peu timide, elle observe beaucoup avant de se lancer, mais elle n’est pas renfermée et sourit au moindre petit bonheur. Alors ne culpabilisez pas, faites comme vous pouvez, aimez ce bébé au plus profond de vous, même quand vous vous détestez, et la récompense vous sourira et vous fera vous sentir fière d’avoir gagné cette guerre contre votre corps, votre mental et contre l’opinion des autres.
On fabrique la vie, cellule par cellule dans la douleur, souvent dans le noir, parfois dans un lit d’hôpital, mais on fabrique la vie. Quand bébé se blottit contre vous et vous fait sentir que vous êtes la seule personne à pouvoir l’apaiser, là est la récompense de cette souffrance. GARDEZ ESPOIR même si le chemin est long et paraît interminable, cela en vaut la chandelle ne lâchez rien !!!!
Merci encore pour votre sollicitation, comme quoi, du bon sort toujours du pire. Je vois qu’exprimer ce qui me pesait jusqu’à maintenant, cette culpabilité, a permis de soutenir des femmes qui ont ressenti la même chose. Même si on se sent tellement seule pendant cette période, en réalité nous sommes un clan ! MERCI
