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Témoignage de Aurélia

Témoignage déposé le 19/04/2023

 

Je suis tombée enceinte rapidement. Le plus grand des bonheurs. Et puis j’ai vite déchanté. Vers 4 ou 5 SA, j’ai commencé à avoir des nausées et à vomir. Mais pour moi c’était normal et je trouvais même ça bien, car cela prouvait que mon bébé était bien là.

Puis les vomissements ont commencé à être plus violents et plus nombreux. Jusqu’à 50 ou 70 fois par jour. Dès que je buvais. Je ne mangeais même plus. Je vomissais bile et sang.

A noter que je suis diabétique, donc en plus de ça, je devais contrôler le bon équilibre de ma glycémie et éviter les hypoglycémies car je ne mangeais rien.

Une amie m’a dit que tant de vomissements n’étaient pas normal et d’aller aux urgences. J’y vais. On ne me prend pas au sérieux mais on me garde, car déshydratation et diabète…

Au final, le diabète aura fait qu’on m’écoute plus que les autres femmes atteintes d’HG tout au long de ma grossesse.

Je ressors 1 semaine plus tard. Ça allait mieux. Puis à peine arrivée chez moi je re vomis.

Suivi par un grand professeur en gynéco, je l’écoute et le crois quand il me dit que ça va passer au bout de 3 mois. En fait il ne connaissait rien à cette maladie, car en 30 ans de carrière il n’avait vu ça qu’une fois.

Le calvaire a duré jusqu’à 37 SA où on m’a déclenchée car j’étais au bout du rouleau, et ma glycémie faisait des siennes. J’ai même vomis jusqu’au bloc car le déclenchement n’a pas fonctionné, et j’ai fini en césarienne d’urgence.

Moins 19 kg de mon poids de base (heureusement avec le confinement j’avais pris quelques kgs), 9 hospitalisations dont 10 jours en réa.

L’horreur.

Même à terme, de dos, on ne voyait pas que j’étais enceinte, toute maigre avec, heureusement, un gros bidon à la fin.

Je ne pouvais même pas monter ou descendre des escaliers. Me laver seule ou debout. Marcher plus de 3 ou 4 minutes.

Évidemment j’ai été en arrêt tout du long. Avec heureusement un patron très compréhensif.

Je voyais ma famille avoir tellement peur pour moi, mon mari perdu. Et je culpabilisais de prendre des médicaments et de ne pas manger sainement pour le bébé.

Question nourriture, j’ai mangé des Mister freeze et des purées hyperprotéinées de l’hôpital que j’ai réussi à commander chez moi pendant 7 mois. Enfin quand j’arrivais à les avaler.

J’ai testé tous les médicaments possibles : Primperan, Cariban, Lagartil, Donormil, Zophren, Vogalene…mais rien n’a fonctionné. Le Zophren amoindrissait les choses, un peu.

J’ai eu la chance d’être entourée de ma famille et de mes amis. J’ai eu peu de remarque sur mon état du genre « être enceinte n’est pas une maladie » car vu ma tête, personne n’aurait osé.

Sans parlé de l’hypersalivation constante. J’étais avec ma bassine et ma bouteille partout.

Et ma fille est arrivée. En pleine forme, malgré le peu de nourriture que j’ai avalé en 8 mois, elle a pris ce qu’il lui fallait.

Au moment où j’ai accouché, tous mes maux se sont arrêtés instantanément.

Ma fille a aujourd’hui 18 mois. C’est un bébé en pleine forme.

Je me suis, depuis, beaucoup renseignée. Via votre Asso notamment, et j’ai trouvé une super gynéco qui connaît bien l’HG car elle l’a aussi vécu.

Moi qui jurais que je n’oublierai jamais et pas de 2eme bébé, j’y pense aujourd’hui car je me sens plus entourée et écoutée. Je sais que je serai mieux prise en charge.

Alors on n’oublie pas, ça reste gravé en nous.

Je n’oublie pas les 10aine de perf qu’on m’a posé (j’ai d’ailleurs encore quelques cicatrices) les bleus partout quand les veines pétaient. Je n’oublie pas que j’ai dû faire pipi dans le lavabo de l’étage pendant 7 mois chez moi car je n’étais pas assez forte pour descendre les escaliers. La peur de mon entourage, les milliers de vomis.

Mais d’un autre côté j’ai oublié.

J’ai l’impression que c’est une réalité parallèle.

Un peu comme ce que l’on dit des douleurs de l’accouchement.

Alors à toutes celles qui sont en plein dedans : courage à vous.
C’est long, c’est douloureux, mais ça va passer.
Entourez-vous de gens bienveillants et de pro qui vous écoutent et connaissent la maladie.

Et au final le plus beau des cadeaux sera au rdv.

Ps : et si j’ai un conseil autre, c’est de faire des photos de grossesse avec un pro. Cela m’a coûté beaucoup d’énergie pour tenir la séance, mais au final j’ai des photos très jolies, et quand je les vois, je pense moins aux douleurs de cette grossesse, et j’ai au moins un beau souvenir. Ces photos, elles me donnent un peu d’espoir, je ne sais pas trop pourquoi. C’est la psy de l’hôpital qui m’avait conseillé de le faire. Et c’était un bon conseil.