Témoignage déposé le 05/04/2023
Il ne faut pas se fier aux apparences… Il ne faut pas non plus se fier aux photos que l’on peut voir sur les réseaux sociaux.
Derrière ces dernières peuvent être dissimulés des maux de grossesse dont personne ne parle, que personne ne connaît, dont pas mal de personnes se fichent ou minimisent la gravité…
J’ai découvert que j’étais enceinte la veille du premier confinement. Je vomissais 5 à 6 fois par jour les premiers mois de ma première grossesse. Du coup j’étais consciente que cela risquait de recommencer pour celle-ci. Et bien cela a été 100x pire… quelques jours après l’annonce du confinement. Au vu des annonces faites par les médias sur la Covid-19, il était hors de question avec mon mari d’aller à l’hôpital pour des vomissements liés à la grossesse. Nous avons donc téléphoné à un médecin généraliste pour lui expliquer la solution en insistant bien sur le fait que je vomissais toutes les 5 minutes. Le Vogalène n’a fait aucun effet et le médecin n’avait pas d’autres solutions à m’apporter.
J’avais élu domicile à côté de mes toilettes. Chauffeuse, couverture et oreiller devant la porte grande ouverte. Les vomissements étaient espacés de 5 minutes et s’arrêtaient entre 3h et 7h du matin car je tombais de fatigue. Ce rythme a duré 2 mois. Mon mari continuait à travailler et je devais m’occuper de notre fille seulement âgée de 1 an et demi qui me voyait tellement vomir qu’elle imitait mon geste…
J’étais tellement épuisée physiquement et moralement que j’ai évoqué l’éventualité d’une IVG à mon mari. Alors que nous avons suivi un parcours PMA pour chacun de nos deux enfants.
J’ai eu la chance que les vomissements cessent au bout d’un moment…
Sortie de confinement j’ai eu mon suivi du premier trimestre avec mon sage-femme, à qui j’ai évoqué les symptômes et qui m’a dit que j’avais fait de l’HG… et que j’aurai dû me rendre à l’hôpital car cela aurait pu être très grave…
Autres symptômes associés : hypersalivation, perte de poids, fatigue, déprime, culpabilité…
J’ai la chance d’avoir un mari formidable qui m’a accompagnée comme il a pu dans cette épreuve, et une petite fille très débrouillarde, qui, du haut de ses 1 an et demi a montré un élan d’autonomie face aux difficultés de sa maman…
Qu’on ne dise PLUS jamais devant moi : « Vous n’êtes pas malade, vous êtes enceinte ».
