Témoignage déposé le 01/03/2023
Mon mari et moi avons décidé de lancer les essais bébé début avril. Je suivais mon cycle de très près (il a toujours été très régulier), donc je savais que j’allais ovuler le 9 avril. Après cette date, je me suis dit que j’allais commencer à faire mes tests de grossesse 15 jours plus tard. Seulement, vendredi 16 avril, commençait mon cauchemar.
Je pensais être malade (type gastro), mais je sentais que c’était différent. Ce midi-là, mon mari rentrait manger, j’ai donc tout préparé (j’avais très envie de purée), mais au moment de passer à table, j’ai fait un malaise, j’ai eu une soudaine envie de vomir en voyant la purée et en imaginant cette texture dans ma bouche. J’ai dû m’allonger pour ne pas m’évanouir. C’était vraiment étrange comme sensation, ça ne ressemblait en rien à tout ce que j’avais connu pendant une grippe ou une gastro par exemple.
Quatre jours plus tard (j+11 post ovulation), je décide de faire un test de grossesse qui tourne tout de suite au positif, c’était clair, mais la barre était bien là ! Je cours en acheter un deuxième, un digital cette fois, qui affiche « enceinte 1-2 semaines). Le choc, j’avais un test positif 4j avant la date habituelle de mes règles.
Voilà comment ça a commencé l’Hyperémèse… seulement, je ne connaissais pas du tout cette pathologie de grossesse à l’époque. Les jours ont passé et ça allait de pire en pire, je ne vomissais pas, j’avais des nausées, des hauts le cœur, des reflux… je faisais malaise sur malaise, j’ai commencé à ne plus pouvoir manger, puis boire. Je devais ramper pour aller aux toilettes quand les vomis ont commencé. Je n’ai pas vomit à outrance, non, moi c’était l’impression imminente que j’allais vomir, mais ça ne sortait presque jamais…
J’ai fini par perdre 6 kg le premier mois, heureusement j’avais une super gynécologue qui savait ce qui m’arrivait, elle a mis le doigt sur cette fichue Hyperémèse Gravidique assez rapidement. J’ai été hospitalisée et perfusée à domicile. J’ai passé des mois allongée dans le noir, à prendre des cachets pour dormir et ne rien sentir.
Au bout du 4ème mois, je ne tenais plus, j’étais dépressive, l’ombre de moi-même, démotivée, et j’ai même songé à mettre un terme à cette grossesse très désirée. J’étais psychologiquement meurtrie.
Lors du 6ème mois, j’ai commencé à aller « mieux », mais très rapidement on s’est inquiétés du RCIU que présentait mon bébé. J’ai fini par accoucher prématurément pour cause de pré-éclampsie, mais ma fille faisait 2,150kg à 36+5 SA.
Néanmoins, j’ai continué à vomir bien après mon accouchement bizarrement, et encore aujourd’hui j’ai parfois l’impression d’être encore en pleine Hyperémèse. Mon corps a tellement associé ça à la « normalité », au « quotidien », que visiblement vomir et me sentir nauséeuse surtout, c’est devenu une partie intégrante de ma vie malheureusement.
Cette grossesse, bien qu’à l’issue merveilleuse, me laisse traumatisée à vie, et surtout, avec la peur incontrôlable de retomber enceinte un jour.
Je ne veux plus jamais vivre ça, plus jamais !
Merci de partager et de sensibiliser à ce sujet. J’ai été victime de beaucoup d’incompréhension dans le milieu pro comme chez certains membres de ma famille pour qui une grossesse n’est pas « une maladie ». On m’a dit de me bouger le cul car sinon je n’allais plus jamais rien faire de ma vie, alors que j’étais enceinte et malade à en crever. Cette période de ma vie est vraiment très douloureuse et je pleure encore quand j’y pense.
La voie de la guérison est bien plus longue que ce que l’on pense et surtout, elle ne s’arrête pas à la fin officielle de la grossesse.
Merci de m’avoir lu !
